ANALYSE DE LA SITUATION HUMANITAIRE
Après la catastrophe humanitaire
du séisme, l'urgence du choléra
Le cataclysme du 12 janvier en Haïti a provoqué à lui seul des besoins durables qui devront être pris en charge sur une longue période, jusqu’à la reconstruction de ce pays en partie dévasté ; reconstruction qui reste à engager. Parmi ces besoins, le déblayage des débris et déchets (au total, on évalue que le tremblement de terre a fait plus de 26 millions de mètres cubes de gravats, dont il reste 20 millions à déblayer…), l’accès à l’eau potable et l’assainissement et la mise en place d’abris sont prioritaires. Parallèlement, il est indispensable de soutenir la relance de la sécurité alimentaire, notamment dans les zones rurales difficiles d'accès.
Aujourd’hui, en surcroit à cet immense chantier, une flambée de choléra frappe Haïti à grande échelle.
Le choléra, apparu en octobre dans le pays, a entraîné, selon le dernier bilan , près de 181 000 cas déclarés et plus de 3 759 morts, dans les départements de l’Artibonite, du Centre, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Nord, alors que les cas se multiplient dans la capitale Port-au-Prince. Cette maladie, qui n’est pas connue en Haïti (pas de cas depuis un siècle) et que ni la population ni les autorités ne savaient combattre, est extrêmement contagieuse et virulente. Elle pose, notamment dans une ville sinistrée comme Port-au-Prince, où des centaines de milliers de rescapés du séisme de janvier campent toujours à ciel ouvert, un très grave danger épidémique.
La situation a engendré un véritable cercle vicieux : les conditions et les structures sanitaires insuffisantes, que ce soit sur les sites de fortune ou dans les quartiers, ont renforcé l’épidémie de choléra, qui, elle-même, a fortement ralenti le processus de reconstruction et de retour chez eux des déplacés.
Enfin, dans ce pays qui souffre depuis longtemps d’un contexte de violence politique, l’insécurité (liée au scrutin présidentiel contesté, au banditisme, aux rumeurs sur la propagation du choléra) qui s’accroit, entraîne barrages et restrictions d’accès, paralyse ou retarde l’accès aux soins des malades, ainsi que les actions de lutte anti-choléra vitales, telles que : l’approvisionnement en eau potable par camion, la vidange des latrines et la désinfection… . Les conditions d’une expansion de l’épidémie dans les quartiers et les camps de sinistrés sont ainsi créées ; pourtant un accès précoce aux soins et l’augmentation de la capacité en eau potable sont les clés de la lutte contre les épidémies de choléra.
Alors qu’on pouvait espérer
un recul de l’épidémie de choléra, la
dégradation du contexte en Haïti est porteuse d’inquiétude.
Un an après un séisme dévastateur, Haïti
est loin d’être sortie de l’urgence humanitaire.
mise à jour : janvier 2011
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