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Thaïlande Notre action · Situation humanitaire · Témoignage · Historique

Entretien avec Frank Lavigne

Frank Lavigne, chef de mission en Thaïlande depuis mai 2007, nous parle des actions mises en place et des enjeux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Entretien.

Quelles sont les actions mises en place par SOLIDARITÉS depuis ton arrivée?

Nous avons mené à bien notre programme d’amélioration des conditions sanitaires des réfugiés dans les camps de Mae La, que nous avions commencé en mai 2007 :
Nous avons construit 460 latrines dans les foyers et les écoles, construit 420 mètres de drainage pour évacuer les eaux stagnantes, mis en place un contrôle vectoriel de l’eau afin de prévenir le développement des épidémies et les contrôler en cas de déclenchement.
Nous avons aussi mis en place une promotion de l’hygiène liée à l’assainissement répondant en particulier aux besoins des nouveaux arrivants dans le camp (un tiers de la population du site a été renouvelé depuis l’arrivée de Solidarités, du fait de la relocalisation en pays tiers).

Quelle est la situation humanitaire des populations dans les camps de Mae La et quelle est la réponse apportée par SOLIDARITÉS ?

La densité de population du camp de Mae La est plus élevée qu’à Bangkok, soit 16 à 18 000 personnes par kilomètre carré !
Nous avons donc atteint un seuil de population critique, et cette promiscuité entraine des épidémies qu’il est difficile d’éviter, ainsi que des pressions trop fortes sur l’environnement: pollutions, utilisation abusive des ressources naturelles entrainant une forte dégradation du cadre de vie pour les habitants des villages voisins, ce qui crée également des conflits entre birmans du camp et communautés hôtes.
Nous avons donc mis en place un autre programme englobant les populations hôtes du bassin versant de la rivière de Mae Ork Pha Roo, où se situe le camp de Mae La, et visant à protéger et réhabiliter les ressources naturelles et environnementales, plus spécifiquement la ressource en eau.
Nous prolongeons aussi nos activités d’assainissement, d’optimisation de l’utilisation et de la distribution d’eau, et de la prévention des épidémies.

As-tu pu constater l’impact de notre action ?

Certaines épidémies ne se sont pas développées grâce aux actions que nous avons mises en place, mais à cause de la très grande mobilité des habitants du camp de Mae La, certaines maladies arrivent de l’extérieur, et la promiscuité aidant, elles se propagent : les besoins sont plus larges que prévu.
Il faudrait réformer le statut des réfugiés et le fonctionnement des camps. Un travail a d’ores et déjà été débuté au niveau de l’ensemble des camps de réfugiés en Thaïlande, afin d’ouvrir des perspectives d’intégration et d’autonomisation des populations vis-à-vis de l’aide apportée.

 

Mise à jour : juin 2009

Crédit photos : AFP, SOLIDARITES INTERNATIONAL