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14 octobre 2011

JOURNEE MONDIALE DE L'ALIMENTATION

Face à l’urgence du combat contre l’insécurité alimentaire
Que fait le G 20 ?

 

16 OCTOBRE  Plus d’un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim*. En cause : l’augmentation du prix des denrées alimentaires et la récurrence des chocs climatiques qui rendent les populations encore plus vulnérables à la pauvreté et à l'insécurité alimentaire. Au Kenya, en Somalie, en RDC, au Tchad, en Afghanistan… SOLIDARITES INTERNATIONAL intervient au niveau local pour pallier le manque d’accès à la nourriture, principal effet de la crise alimentaire mondiale et de la multiplication des épisodes de sécheresse.  A la veille du sommet du G20, l’ONG interpelle la présidence française afin que des décisions politiques soient prises en matière d’aide alimentaire d’urgence, de réglementation des prix des denrées alimentaires et de répartition des ressources.

 

 

« En Somalie, la situation critique liée à la sécheresse est amplifiée par la guerre et l’insécurité qui sévissent dans ce pays depuis de nombreuses années et qui accentuent les difficultés d’accès à la nourriture, témoigne Bérengère Tripon, responsable de nos opérations dans la Corne de l’Afrique. Les gens ont perdu leur récolte, grillée sur pied, et leur source de revenus s’est effondrée avec la perte de leur troupeau. » Pour éviter qu’ils ne partent de chez eux et grossissent le flot de déplacés et de réfugiés, il faut faire venir l’eau et la nourriture jusqu’à eux. Pour répondre à l’urgence, les équipes de SOLIDARITES INTERNATIONAL, une des seules organisations présentes sur place, mènent actuellement des programmes d’aide alimentaire et d’accès à l’eau auprès de plus de 100 000 personnes.

  • Renforcer les stratégies d’adaptation des populations aux chocs climatiques

« Dans les climats arides (Corne de l’Afrique, Sahel, Afghanistan), analyse Peggy Pascal, directrice de notre département technique, experte en sécurité alimentaire, les sécheresses restent des événements classiques. Par contre, on constate depuis quelques années une augmentation de leur fréquence et de leur intensité. Il y a aussi un nombre croissant de micro-sécheresses : les agriculteurs sèment, la saison des pluies s’arrête brutalement, les semences ne germent pas et la récolte est gâchée. »
En Somalie, mais aussi dans le nord du Kenya, nos équipes travaillent à améliorer les stratégies de subsistance des communautés pastorales qui n’ont d’autre choix que de s’adapter à ces chocs climatiques pour survivre, notamment en protégeant le bétail (fourrage, concentrés alimentaires, soins vétérinaires), ou encore en construisant et en réhabilitant des points d’eau.

  • Améliorer les pratiques agricoles

En Afghanistan, 31 % de la population ne mange pas à sa faim. Les zones rurales, où vivent 74 % des Afghans, sont touchées de plein fouet par cette insécurité alimentaire chronique favorisée par une instabilité politique ressentie jusqu’au niveau local, par une densité de population qui augmente et par la hausse des prix. Alors que les services étatiques de base sont clairement défaillants, les pratiques agricoles actuelles et la pression toujours plus forte sur les ressources en eau, en terre et en énergie (bois) compromettent la sécurité alimentaire à moyen et long terme. « La présence d’organisations humanitaires comme SOLIDARITES INTERNATIONAL est nécessaire afin d’accompagner ces populations, analyse Gaylord Robin, expert en sécurité alimentaire au sein de notre département technique. D’abord par des actions d’urgence, comme la distribution de nourriture ou l’amélioration de petits ouvrages hydrauliques, mais également en s’attaquant avec elles à des problématiques de plus long terme : gestion concertée des ressources naturelles, évolution des pratiques agricoles, production de semences locales de qualité. »

  • Aider les agriculteurs à s’organiser pour mieux affronter le marché

« Les agriculteurs des pays en développement subissent de plein fouet les impacts de la mondialisation du commerce des denrées agricoles, explique Peggy Pascal. Ainsi, en Centrafrique, au Tchad, au Zimbabwe, en RDC… où le riz produit localement est par exemple en concurrence avec le riz asiatique, nous montons des groupements agricoles, organisons des foires de semences où sont fixés prix plancher et plafond. Nous construisons des silos de stockage, voire des routes pour faciliter le transport. Le but est de former les agriculteurs aux lois du marché, ainsi qu’à des techniques de production, de transformation et de stockage adaptées. »

  • La population urbaine, première victime de l’insécurité alimentaire

De Kaboul à Nairobi, en passant par Port-au-Prince, la population urbaine qui représente déjà plus de 50 % de la population mondiale, est la plus vulnérable à l’augmentation du prix des denrées alimentaires**. Au Kenya, dans les bidonvilles qui accueillent 60 % des habitants de la capitale, le succès que rencontrent nos programmes de sacs potagers auprès de la population témoignent de leur extrême fragilité alimentaire. Ils fleurissent aujourd’hui chaque rue du vaste camp de Kibera. Alors que les prix des denrées alimentaires flambent, cette technique simple permet, dans un espace réduit et avec très peu d’eau, à des dizaines de milliers de familles de manger à leur faim. Ce concept qui a fait ses preuves en Afghanistan et au Soudan du Sud devrait également être exporté à Port-au-Prince où, deux ans après le séisme qui a secoué Haïti, près de 600 000 personnes*** vivent toujours dans des camps de fortune.

  • Pas de solutions sans décisions politiques

« La faim dans le monde ne peut pas être une fatalité, rappelle Alain Boinet, directeur et fondateur de l’ONG SOLIDARITES INTERNATIONAL. Pour continuer à mener nos actions sur le terrain, nous avons besoin du soutien du public et de nos partenaires. Nous nous devons aussi d’interpeler le G20 et la présidence française pour que des décisions politiques soient prises, les 3 et 4 novembre à Cannes, en matière d’aide alimentaire d’urgence, de réglementation des prix des denrées alimentaires et de répartition des ressources. Comme nous le rappelle le drame qui touche actuellement la Corne de l’Afrique et plus particulièrement la Somalie, il est urgent d’agir. »

 

*Rapport de la FAO, 2009
**Rapport de prospective sur l’urbanisation du Programme des Nations unies pour le développement.
Selon ce rapport, un quart de la population urbanisée vit en dessous du seuil de pauvreté. Et un citadin sur trois (soit un milliard de personnes) vit dans un bidonville, sans électricité, ni eau, ni accès aux services de base.
***Camp coordination & Camp management cluster (CCCM)

 

CONTACTS PRESSE Renaud Douci, responsable des relations presse – 01 80 21 05 94 / 06 98 96 58 35

 

 

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Photos : AFP, SOLIDARITES INTERNATIONAL